Guide de réglage d’une simulation Moldflow

Comprendre • saisir les essais • corriger les défauts • valider les réglages
Progression
0 / 9 étapes
Étape 1 sur 9

Préparer le projet et la géométrie

Créer une étude propre, contrôler les unités et orienter la pièce comme elle sera placée dans le moule.

Pourquoi régler le logiciel comme une presse ?

Moldflow calcule la réponse de la matière à une géométrie, à des conditions thermiques et à un pilotage. Le réglage automatique fournit un premier essai. Pour prévoir une pièce réellement fabricable, il faut ensuite imposer un cycle réalisable par la presse et vérifier ce que le calcul a effectivement exécuté.

Avant la commutation : imposer le débit

La vis avance et pousse un volume de matière. La pression est une réponse aux résistances à l’écoulement. Si la limite de pression est atteinte, le débit demandé peut ne plus être tenu : le temps réel augmente.

Après la commutation : imposer la pression

Le débit devient une réponse à la pression de maintien et au refroidissement. De la matière entre encore pour finir de remplir et compenser le retrait, tant que le chemin d’alimentation reste ouvert.

Une simulation bien réglée remplit correctement, respecte les capacités de la machine et les limites matière, maîtrise les défauts et reste acceptable autour du point choisi. La validation porte sur le remplissage, la qualité de la pièce et la stabilité du réglage.

Le cycle d’injection sur une presse réelle

  1. Plastification et dosage. La rotation de la vis et la chauffe préparent une quantité de polymère fondu. Séchage, temps de séjour, vitesse de rotation et contre-pression influencent son état réel.
  2. Remplissage. La vis avance sans rotation. La matière traverse buse, carotte, canaux puis seuil et empreinte. Une peau refroidie se forme au contact du moule, tandis que le cœur continue à s’écouler.
  3. Commutation et maintien. Le pilotage passe du débit à la pression. Le volume spécifique diminue au refroidissement : le maintien apporte de la matière supplémentaire avant le gel de l’alimentation.
  4. Refroidissement et éjection. Le refroidissement commence dès le contact avec le moule et se poursuit pendant le maintien. L’éjection attend une rigidité suffisante. Le dosage du cycle suivant peut se faire pendant la fin du refroidissement.

Ce que la matière explique

Viscosité et cisaillement

Un thermoplastique fondu est généralement rhéofluidifiant : sa viscosité diminue quand le taux de cisaillement augmente. Elle dépend aussi de la température et de la pression. Le MFI seul ne décrit pas ce comportement.

Écoulement et épaisseur

Une zone mince oppose plus de résistance et gèle plus vite. Une branche épaisse peut se remplir d’abord et laisser la branche mince hésiter. Un débit de vis constant ne donne donc pas un front de vitesse constante.

PVT et retrait

Les données pression–volume–température relient compression et refroidissement au retrait. La cristallisation des polymères semi-cristallins et l’orientation des fibres influencent aussi retrait et déformation.

Préparer le modèle de référence

  1. Créer un nouveau projet. Utiliser un dossier dédié et un nom explicite. Créer une étude séparée pour chaque variante.
    Création du projet
  2. Importer la géométrie. Choisir les millimètres et le type de maillage adapté à la pièce, ici Dual Domain.
    Type de maillage et unités
  3. Contrôler l’orientation. Orienter le sens Z positif vers le ponton de la presse. Corriger avec Géométrie puis Rotation. Dans la convention utilisée ici, +Z pointe vers le ponton ; l’arrivée matière se fait donc suivant −Z. La carotte et les circuits seront construits en cohérence avec cet axe.
    Correspondance de l’axe Z avec la presse
    Moule réel ouvert sur la presse
  4. Contrôler la CAO. Vérifier les dimensions, les surfaces parasites et la fermeture du volume.

Dans Moldflow

La pièce est un modèle numérique orienté dans un repère. Toute erreur d’unité ou d’orientation fausse la suite.

Parallèle avec la presse

L’équivalent est la mise en place du moule, l’identification des côtés fixe et mobile et le réglage des origines.
Étape 2 sur 9

Mailler et vérifier la qualité

Le calcul n’est fiable que si le maillage représente correctement la géométrie.

Progression de l’étape. On va d’abord poser les bases du maillage et du Dual Domain, puis observer visuellement ce que changent la finesse, l’étirement et l’orientation des triangles. Ensuite, on reliera ces idées à des cas typiques de Moldflow (trou, ligne de soudure, singularité, corrélation Dual Domain) avant de finir par les contrôles pratiques à effectuer dans le logiciel et quelques questions de vérification.

1. Poser les bases : ce que représente un élément fini

Le maillage découpe la géométrie en éléments reliés par des nœuds. Le solveur approche les champs de pression, température et vitesse par des fonctions sur ces éléments et résout les équations avec les conditions imposées. Il avance aussi par pas de temps : la précision dépend du modèle, de la discrétisation spatiale et temporelle et des données matière.

Une couleur lissée interpole des résultats discrets. Elle peut masquer un gradient ou un élément défectueux. Examiner la zone avec le maillage affiché, les valeurs locales et l’animation avant de conclure à un défaut physique.

ModèleReprésentation et usagePoint de contrôle
Midplane, 2,5DTriangles sur la surface moyenne, avec une épaisseur attribuée ; pièces à parois minces.Épaisseurs et jonctions correctement décrites. Les bords libres ne s’interprètent pas comme ceux d’une peau fermée.
Dual DomainTriangles sur les deux peaux, appariés pour représenter l’épaisseur ; parois minces adaptées à cette hypothèse.Correspondance réciproque, épaisseur locale, zones non appariées aux nervures et bossages.
3DTétraèdres dans le volume ; zones massives, écoulements tridimensionnels ou épaisseurs mal représentées en Dual Domain.Qualité des tétraèdres et résolution suffisante dans l’épaisseur selon l’analyse ; coût de calcul plus élevé.
Éléments 1DCanaux d’alimentation ou de refroidissement, avec section et propriétés associées selon le modèle.Diamètre, longueur, connexions et propriétés physiques.

1.1 Un intérêt majeur du Dual Domain : tester l’influence de l’épaisseur

En Dual Domain, Moldflow associe les éléments des deux peaux opposées et en déduit l’épaisseur locale. Cette représentation permet aussi, pour une étude de remplissage, de faire varier localement l’épaisseur directement dans le modèle de calcul sans devoir reconstruire immédiatement toute la pièce en CAO. C’est très utile pour rechercher un meilleur équilibre des fronts de matière.

Dans la simulation

Une zone plus épaisse offre un passage moins résistant à l’écoulement et reste fluide plus longtemps. Le front a donc tendance à progresser plus facilement dans cette branche. À l’inverse, une branche trop épaisse peut se remplir trop vite.

Dans la conception de la pièce

Une modification locale de l’épaisseur permet de rééquilibrer le remplissage : épaissir localement une branche qui se remplit trop tard, ou réduire l’épaisseur d’une branche qui prend trop d’avance, afin de rapprocher l’arrivée des fronts.
  1. Lancer un remplissage de référence. Afficher et animer le temps de remplissage pour repérer les branches qui prennent de l’avance et celles qui restent en retard.
  2. Dupliquer l’étude avant toute modification. Sélectionner uniquement la zone à tester, puis modifier son épaisseur Dual Domain avec l’outil de décalage (Offset) ou dans les propriétés de la surface en imposant une épaisseur.
  3. Relancer le même calcul. Ne modifier ni matière, ni températures, ni seuil, ni profil de remplissage afin d’isoler l’effet de l’épaisseur.
  4. Comparer les fronts. Observer le temps de remplissage, la pression, les rencontres de fronts, les lignes de soudure et les éventuelles poches d’air. L’objectif n’est pas d’avoir partout la même épaisseur mais d’obtenir un remplissage plus régulier avec une géométrie fabricable.
  5. Valider ensuite la vraie géométrie. Une fois une évolution d’épaisseur retenue, la reporter dans la CAO puis remailler avant d’étudier sérieusement le refroidissement, le retrait ou le gauchissement.
Attention à ne pas confondre outil d’exploration et géométrie finale. La modification directe de l’épaisseur d’un maillage Dual Domain est adaptée pour comparer rapidement des variantes de Fill ou Fill+Pack. Pour une analyse incluant le refroidissement, la géométrie réelle doit être mise à jour et remaillée : sinon l’échange thermique ne correspond plus correctement à la forme physique de la pièce.
Conséquence de conception. Épaissir une zone facilite généralement son remplissage, mais augmente aussi la masse et ralentit son refroidissement ; cela peut favoriser retassures, retrait différentiel et gauchissement. L’équilibrage du remplissage doit donc être recherché avec la plus petite modification d’épaisseur compatible avec la fonction de la pièce.

1.2 Qualité, finesse et convergence : trois contrôles différents

Qualité : réparer éléments dégénérés, intersections, superpositions et défauts d’orientation. Contrôler les pires rapports de forme, pas seulement leur moyenne. Finesse : représenter seuil, trous, rayons et transitions d’épaisseur. Réduire la taille d’arête augmente généralement le nombre d’éléments ; cela ne répare pas une mauvaise topologie.

Convergence de maillage : à réglages identiques, comparer un maillage initial puis deux raffinements ciblés. Relever Pmax, temps réel, position des rencontres de fronts et défauts critiques. Fixer une tolérance liée au besoin, puis vérifier que les écarts diminuent et que la décision reste stable. Un pic sur un angle idéal peut rester sensible au maillage : représenter le rayon réel et examiner son voisinage.

Pourquoi la forme du triangle compte. Le solveur ne dispose que d’une information discrète sur le maillage : à l’intérieur d’un élément, le champ est représenté par une approximation simple construite à partir de ses nœuds. Pour se le représenter simplement, chaque triangle ne peut donc décrire qu’une variation locale limitée. Si le triangle est très long, cette même approximation couvre une grande distance : elle ne peut plus suivre correctement une variation rapide qui se produit au milieu de cette longueur. Le gradient réel peut alors être lissé, décalé ou mal orienté. Il faut donc contrôler la taille des éléments, mais aussi leur étirement et leur orientation par rapport au gradient.
Conséquence sur les lignes de soudure. Une ligne de soudure est déduite de la rencontre de deux fronts sur un domaine discrétisé. Son tracé affiché est donc sensible au réseau de triangles utilisé pour suivre cette rencontre. Un maillage trop grossier, très étiré ou fortement orienté peut rendre la ligne plus polygonale, déplacer localement son tracé ou favoriser certaines directions du maillage. Autour d’un trou ou d’un obstacle, il faut donc disposer de plusieurs éléments réguliers et vérifier que la ligne reste au même endroit lorsque le maillage est raffiné ou réorienté.
Un premier maillage autour de 20 000 éléments. Pour une pièce adaptée au Dual Domain, cet ordre de grandeur constitue un bon compromis pour obtenir un premier résultat global fiable tout en conservant un temps de calcul raisonnable, à condition que la géométrie, les épaisseurs et la qualité des éléments soient correctement représentées. Il permet une première lecture du remplissage, des pertes de charge et des principales zones à surveiller. Ce n’est ni un plafond ni une garantie de précision : pour des résultats locaux précis, il faut souvent densifier là où les champs présentent de forts gradients, souvent au voisinage des petits détails, des variations géométriques et des singularités, puis comparer les résultats.

Contrôler aussi la qualité. Viser un rapport de forme moyen ≤ 3 et des corrélations Dual Domain > 85 %. Ces indicateurs globaux doivent être complétés par l’examen des éléments les plus déformés, des zones non appariées et des épaisseurs locales. Une bonne moyenne peut masquer un défaut important dans une petite zone.

2. Se construire des repères visuels avant d’agir dans le logiciel

Avant de penser au nombre d’éléments, il faut se poser trois questions : la géométrie est-elle correctement décrite ? les zones où les résultats varient vite sont-elles assez fines ? et la décision reste-t-elle la même après raffinement ? Les animations ci-dessous permettent de visualiser ces idées sans calcul.

Le but n’est pas encore d’apprendre des commandes Moldflow, mais de se construire des repères visuels. Les notions vues ici seront reprises juste après dans les explications sur les singularités, le Dual Domain et les contrôles pratiques du maillage.

1. Même pièce, trois niveaux de finesse

La pièce reste la même, mais la manière de la découper change. Observer surtout le trou, le raccord et la variation de section à droite.

Très grossier : utile pour une première tendance globale.

Le trou est décrit par peu d’arêtes et la variation de section n’est représentée que par quelques grands éléments : on repère les tendances, mais pas encore correctement les gradients locaux.

Géométrie réelle (repère) Géométrie représentée par le maillage Zone sensible à surveiller

2. Raffiner partout ou seulement au bon endroit ?

Le réflexe efficace n’est pas de réduire la taille d’arête partout. Comparer un raffinement global à un raffinement local réellement raccordé au maillage de base autour d’une variation géométrique.

Éléments≈ 420
Temps de calcul relatifplus long
Idée à retenirOn résout tout, même les zones peu utiles.
Coût de calcul
élevé
Résolution du gradient local
bonne
Efficacité
moyenne
On retient donc qu’un bon maillage n’est pas forcément le plus fin partout ; c’est surtout celui qui concentre les petits éléments là où les champs varient rapidement. Dans notre cas, ces gradients apparaissent souvent au voisinage d’une variation de géométrie : trou, rayon, raccord, changement de section, nervure ou zone mince.

3. Beaucoup d’éléments ne suffit pas

Trois situations sont à distinguer : trop grossier, beaucoup d’éléments mais mal formés, et maillage adapté aux gradients locaux.

Trop grossier : la géométrie et la variation locale sont mal décrites.

Même si tout est fermé, la zone sensible n’est représentée que par quelques grands triangles. Le résultat global peut sembler cohérent tout en restant trompeur localement.

À surveillertaille des éléments là où la géométrie varie
Ce que le nombre d’éléments ne dit pasla forme des triangles
Bon réflexeregarder la zone critique en zoom
Piège classiqueconfondre “beaucoup” et “mieux”

4. Pourquoi un triangle très étiré est-il mauvais ?

Déplacer le point M dans le triangle. La pression affichée est reconstruite à partir des fonctions de forme d’un élément triangulaire linéaire. Cela montre bien qu’à l’intérieur d’un élément, on remplace le champ réel par une approximation polynomiale simple.

Interpolation dans l’élément

Les trois nœuds portent ici des pressions imposées. Le point M hérite d’une valeur interpolée : il ne “voit” pas les détails plus fins que l’élément ne peut pas représenter.

Nœud A25 MPa
Nœud B60 MPa
Nœud C110 MPa
N1(M)0,00
N2(M)0,00
N3(M)0,00
Dans les coordonnées locales de l’élément :
N1=1-u-v, N2=u, N3=v.
p(M)=N1·25 + N2·60 + N3·110
p(u,v)=25 + 35u + 85v
Triangle compact : l’approximation varie sur des distances courtes.

Lorsque les dimensions de l’élément restent du même ordre, une variation locale est mieux suivie et l’erreur d’interpolation reste plus localisée.

Pourquoi c’est une simplification de la réalité ? La vraie pression dans la pièce n’est pas obligée d’être linéaire à l’intérieur d’une zone aussi grande. Dans un triangle linéaire, on suppose au contraire un champ reconstruit à partir des trois nœuds seulement. Si le triangle est très long dans le sens du gradient, cette hypothèse simple s’étend sur une grande longueur et lisse ou déforme la variation réelle.

5. Le maillage influence aussi le tracé d’une ligne de soudure

Deux fronts contournent ici un trou puis se rejoignent. Le lieu physique de rencontre devrait être dicté par l’écoulement, mais le tracé numérique est reconstruit sur le maillage. Derrière un trou, la ligne apparaît donc en pratique le long des bords des triangles du maillage, à partir du bord aval du trou.

Maillage régulier : la ligne discrète reste proche du lieu réel de rencontre.

Les directions possibles sont nombreuses et les fronts sont suivis avec une résolution comparable dans plusieurs directions.

Contrôle pratique : si la ligne de soudure se déplace ou change nettement de forme après raffinement ou modification de l’orientation des triangles, son tracé initial était trop dépendant du maillage pour être interprété finement.

2.1 Revenir au cas Dual Domain : corrélation et détection des bords

En Dual Domain, la pièce est décrite par deux peaux triangulées. Pour chaque triangle d’une peau, Moldflow cherche un triangle correspondant sur la peau opposée afin d’estimer l’épaisseur locale et de calculer correctement l’écoulement à travers la paroi. Cette correspondance est ce qu’on appelle la corrélation.

Cette notion prolonge directement ce qui vient d’être vu sur la qualité des éléments : ici, il ne suffit plus d’avoir de “beaux” triangles, il faut aussi qu’ils représentent correctement les deux faces d’une même paroi.

6. Corrélation, bords libres et triangles non corrélés

Basculer entre un cas correctement corrélé et un cas dégradé. On repère alors pourquoi les bords libres, zones non appariées et triangles non corrélés doivent être localisés avant toute interprétation des résultats.

À quoi sert la corrélation ?

Elle relie les triangles de la peau extérieure à ceux de la peau intérieure afin de reconstruire l’épaisseur locale. Sans vis-à-vis correctement identifié, le calcul de l’écoulement et des échanges à travers la paroi devient moins fiable dans la zone concernée.

Corrélation96 %
Bords libres détectés0
Triangles non corrélésaucun
Corrélation élevée : la plupart des triangles trouvent un vis-à-vis sur l’autre peau.
Les bords libres révèlent une ouverture ou une rupture de peau : la cavité n’est alors plus décrite comme une enveloppe correcte.
Un triangle non corrélé ne doit pas être ignoré : son épaisseur locale est mal reconstruite et les résultats dans cette zone deviennent suspects.
Cas correct : chaque triangle trouve un vis-à-vis sur l’autre peau.

Les liaisons entre peaux sont cohérentes, l’épaisseur locale est bien définie et les bords libres ne sont pas détectés.

Peau 1 Peau 2 Corrélation correcte Triangle non corrélé Bord libre détecté
Transition. Les animations précédentes montrent les mécanismes de base sur un exemple simple. On va maintenant retrouver ces mêmes idées dans des situations plus proches d’une vraie étude : zones de fort gradient, raccords, trous, lignes de soudure et représentation Dual Domain.

3. Passer du cas simple aux zones réellement sensibles

Un angle vif, un petit rayon ou une transition brusque de section peut concentrer les variations du champ calculé sur une très petite distance. Avec trop peu d’éléments, cette variation est mal décrite : la carte peut paraître régulière alors que le phénomène local ne l’est pas. Il faut donc distinguer la représentation de la géométrie et la finesse nécessaire pour représenter les variations physiques.

  1. Repérer l’angle et les éléments qui le décrivent. Un grand élément ne peut pas restituer une variation très rapide à l’intérieur de sa surface. Un angle parfaitement vif peut aussi introduire une singularité du modèle : le maximum local devient alors très sensible au maillage.
    Angle vif : observer la géométrie et la taille des éléments au voisinage immédiat de l’angle.
  2. Représenter le rayon réellement fabriqué. Si la pièce comporte un congé, le modèle doit le représenter avec assez d’éléments. Utiliser le rayon de conception ou de fabrication pour conserver la géométrie de la pièce étudiée.
    Le congé modifie localement la géométrie ; sa courbure doit être correctement discrétisée.
  3. Se méfier d’un résultat global qui masque une concentration locale. Ces deux illustrations de mécanique des solides montrent pourquoi une lecture globale peut être trompeuse : la zone autour du raccord mérite une analyse détaillée. Elles représentent des contraintes de von Mises, et non une pression ou un cisaillement d’injection. Les géométries et les échelles diffèrent : comparer le phénomène et sa localisation, pas les couleurs ni les maxima comme s’il s’agissait d’un test de convergence.
    Vue globale : la zone sensible occupe une petite partie de la pièce.
    Vue locale : le champ varie fortement autour du raccord ; il faut assez d’éléments pour décrire cette variation.
  4. Densifier localement et comparer deux calculs. Réduire la longueur d’arête dans la zone sensible et augmenter progressivement la taille en s’en éloignant. Conserver les mêmes conditions de calcul, puis comparer les valeurs au même endroit et la position des défauts. En injection, surveiller surtout les zones où les champs varient fortement : gradients de pression, de température, de vitesse ou de cisaillement, ainsi que les rencontres de fronts. Si le maximum continue de croître sur un angle idéal, le raffinement seul ne suffit pas à valider ce maximum.
    Petits éléments près de la singularité, éléments plus grands loin de celle-ci : concentrer l’effort de calcul là où le champ varie vite.
Application. Après les repères visuels et les explications théoriques, on passe maintenant aux vérifications concrètes à mener dans Moldflow. L’idée est d’utiliser ce qui précède pour justifier chaque contrôle, et non d’appliquer une liste de critères sans comprendre.

4. Passer à Moldflow : les contrôles pratiques à réaliser

  1. Lancer Créer le maillage. Commencer avec les paramètres automatiques.
    Création du maillage
  2. Contrôler le nombre d’éléments. Commencer autour de 20 000 éléments pour obtenir une première lecture globale avec un temps de calcul raisonnable. Dépasser cette valeur si les détails et la précision locale l’exigent.
  3. Ouvrir Statistiques de maillage. Ne pas lancer l’analyse tant que les critères essentiels ne sont pas satisfaits.
    Statistiques du maillage
  4. Raffiner localement. Après un premier calcul, densifier là où les résultats présentent ou risquent de présenter de forts gradients. Dans cette pièce, on les anticipe notamment aux trous, rayons, raccords, nervures, zones minces et changements de section. Un seuil peut lui aussi nécessiter un raffinement s’il crée localement de fortes variations.
CritèreCibleInterprétation
Bords libres0La cavité doit être fermée.
Bords non manifold0La topologie ne doit pas être ambiguë.
Rapport de forme moyen3 maximumDes triangles très étirés font porter une approximation simple sur une grande distance ; ils décrivent moins bien les gradients et peuvent rendre les résultats locaux sensibles à leur orientation.
Éléments non orientés0Les normales doivent être cohérentes.
Corrélations Dual DomainSupérieures à 85 %Une valeur plus élevée améliore la correspondance entre les faces ; il faut aussi localiser les triangles non corrélés et comprendre pourquoi ils apparaissent.
Ne pas poursuivre avec un mauvais maillage. Réduire la longueur d’arête ou réparer la géométrie, puis remailler.

5. Vérifier qu’on a compris avant de poursuivre

Ces questions servent à faire la synthèse de l’étape. L’idée est de choisir le bon réflexe de maillage, pas de retenir un chiffre.

1. Un maillage comporte beaucoup d’éléments, mais plusieurs triangles très étirés dans une zone de variation géométrique. Que faut-il conclure ?

2. Après raffinement, la position d’une ligne de soudure se déplace nettement. Que signifie surtout cette observation ?

3. Les statistiques indiquent 0 bord libre, 0 élément non orienté et des corrélations correctes. Peut-on conclure que le maillage est forcément assez fin partout ?

4. Où faut-il raffiner en priorité lors d’un premier ajustement ?

5. Sur un angle parfaitement vif, une valeur locale augmente encore quand on raffine. Quel est le bon réflexe ?

6. Pourquoi un triangle très long et étroit est-il gênant dans une zone où la pression ou la température varie rapidement ?

7. Une ligne de soudure change nettement de trajectoire lorsque l’on raffine et régularise les triangles autour d’un trou. Quelle conclusion est la plus prudente ?

Prise de notes — Comparer mes maillages

Contrôle et raffinement
Maillage / nombre d’élémentsDéfauts / rapport de formeCorrélations DD (%) ou qualité 3DZone raffinée / épaisseur (mm)Pmax (MPa) / temps réel (s)Écart observé / décision

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Étape 3 sur 9

Choisir la matière et les températures

La viscosité, le retrait, la solidification et la pression dépendent directement de la fiche matière.

Saisir des conditions physiques identifiables

Consigner le fabricant, le grade, le taux de charge, la version de la fiche et les données disponibles : viscosité, PVT, propriétés thermiques et, si nécessaire, retrait et fibres. Une matière de substitution permet d’explorer des tendances ; elle ne valide pas les valeurs absolues de pression ou de gauchissement.

Température matière : utiliser la température du polymère à l’entrée du modèle. Les consignes des zones de chauffe ne sont pas une mesure directe de cette température, car le cisaillement et le temps de séjour interviennent. Température moule : distinguer la paroi de l’empreinte du fluide du thermorégulateur. Avec une analyse thermique, renseigner circuits, débits, fluide, moule et cycle au lieu de supposer une paroi uniforme.

Choisir la séquence selon la question : Fill pour le front et les pertes de charge ; Fill+Pack pour le maintien et le retrait ; une séquence incluant Cool pour les échanges thermiques ; Warp pour les déformations avec les données nécessaires. Les menus et résultats disponibles varient selon la version et la licence.

  1. Sélectionner la matière exacte dans la base lorsque sa référence est disponible.
    Accès à la sélection matière
  2. Pour une première approche, utiliser le fabricant « Generic ». Il propose des matières génériques représentant le comportement « moyen » d’une famille de polymères, par exemple un ABS générique. Ce choix permet de découvrir le logiciel et d’explorer les tendances du remplissage.

    Pour une application réelle, utiliser le grade exact, bien qualifié. Au sein d’une même famille, les grades peuvent varier fortement : viscosité, charges et renforts, comportement thermique, retrait et conditions de transformation. Une matière « moyenne » ne représente donc pas nécessairement le polymère réellement injecté. Sélectionner la référence commerciale exacte et vérifier que sa fiche de caractérisation contient des données fiables et adaptées aux analyses prévues : rhéologie, PVT, propriétés thermiques et, selon le cas, retrait et orientation des fibres. Si ces données manquent, les résultats restent exploratoires.

    Exemple d’ABS chez « Generic » : une représentation moyenne de la famille pour une première approche.
  3. Renseigner la température matière et la température moule en cohérence avec la fiche technique et les conditions prévues en atelier.
  4. Parallèle avec une presse réelle. La température du polymère dépend de la chauffe, du cisaillement et de la stabilisation thermique de la machine. La matière résiduelle avant purge peut également affecter les premières moulées. Dans Moldflow, la température matière saisie représente l’état du polymère à l’entrée du modèle.
    Exemple d’écran de chauffe sur une presse : les consignes des zones diffèrent de la température matière saisie dans Moldflow
GrandeurDans MoldflowCorrespondance sur une presse réelle
Température matièreTempérature du polymère fondu à l’entréeTempérature matière réelle ; les consignes fourreau/buse ne sont qu’un moyen de réglage
Température mouleCondition limite thermiqueTempérature de paroi ; à distinguer de la consigne du thermorégulateur
ViscositéCourbes rhéologiques de la baseEffet réel de la matière, de la température et du cisaillement
PVT et retraitCompactage, retrait et gauchissementMasse, dimensions, retassures et déformations mesurées
Étape 4 sur 9

Placer le seuil, prédimensionner l’alimentation et anticiper les défauts

L’emplacement du point d’injection et les dimensions de l’alimentation commandent la progression du front, les pertes de charge et la position des défauts.

Lire un défaut avant de changer un réglage

Localiser le défaut, regarder quand il apparaît et formuler une cause vérifiable. Conserver la même échelle de couleur et le même instant pour comparer deux études. Les cartes de défauts signalent un risque ; elles ne prouvent pas à elles seules la tenue mécanique ni l’aspect final.

Défaut → mécanisme → vérification → essai ciblé
ObservationCause possible et résultat à regarderModification à essayer, puis contrôle
Pièce incomplète / hésitationZone mince qui gèle, débit limité, alimentation déséquilibrée ou air bloqué. Animer temps de remplissage, température du front, pression et débit réel.Vérifier d’abord limite machine et évents ; tester profil ou temps de remplissage, puis seuil/épaisseur si nécessaire. Contrôler échauffement et cisaillement après accélération.
Ligne de soudureDeux fronts se rencontrent après un obstacle ou depuis plusieurs seuils. Examiner emplacement, température des fronts et conditions de rencontre.Déplacer le seuil pour éloigner la rencontre d’une zone sollicitée ; essayer températures et vitesse dans la plage matière. La simulation localise le risque ; la tenue mécanique et l’aspect final relèvent d’une validation expérimentale.
Air emprisonné / brûlureLe front enferme une poche sans issue. L’air et les gaz comprimés peuvent s’échauffer fortement. Examiner fins de remplissage et accès à un évent.Prévoir une évacuation réalisable, rééquilibrer les fronts ou ajuster la vitesse en fin de parcours. Une carte d’air ne modélise pas nécessairement l’efficacité réelle des évents.
Retassure / vide interneLe cœur d’une zone épaisse se rétracte sans apport suffisant. La peau s’affaisse ou un vide interne se forme. Examiner retrait volumique, pression locale, gel de l’alimentation.Tester pression/durée de maintien tant que la zone est alimentée. Si le chemin est gelé, revoir seuil, surépaisseur ou thermique. Surveiller bavures et contraintes.
Bavure / surcompactagePression excessive, commutation tardive, fermeture insuffisante ou défaut du plan de joint. Examiner P(t), force de fermeture et retrait près du seuil.Tester commutation plus précoce ou maintien réduit après diagnostic. L’étanchéité réelle du plan de joint n’est pas déduite de cette simulation.
GauchissementRetraits différents selon zones et directions : thermique, compactage, orientation moléculaire ou fibres. Examiner retrait, températures et composantes Warp disponibles.Équilibrer refroidissement et alimentation, puis tester maintien ou géométrie. Comparer aux mêmes appuis et au même état de conditionnement ; vérifier l’amplification visuelle de la déformée.
Jet libre / traces d’écoulementLe jet issu du seuil ne s’appuie pas immédiatement sur une paroi, ou le front avance irrégulièrement. Examiner géométrie du seuil et début du remplissage.Tester un départ moins rapide ou un seuil dirigé contre une paroi. Vérifier que l’analyse choisie représente le phénomène ; l’absence d’indicateur ne garantit pas l’absence du défaut.
Stries / dégradation matièreHumidité, gaz, séjour excessif ou échauffement par cisaillement. Comparer conditions de préparation matière et limites fournisseur.Contrôler température et cisaillement calculés. Sur une presse réelle, le séchage, la purge et le temps de séjour influencent aussi la dégradation, que ces résultats ne décrivent pas entièrement.

Choisir et modéliser l’alimentation

Un point d’injection seul ne représente pas toute la buse, les canaux et le seuil réel. Pour comparer la pression à la presse ou étudier le gel du seuil, modéliser les parties nécessaires et préciser l’endroit où commence le calcul. Inclure les empreintes et leur équilibrage si elles partagent l’alimentation.

  1. Choisir l’analyse Emplacement du seuil puis lancer le calcul.
    Analyse Emplacement du seuil
  2. Afficher l’adéquation de seuil. Les zones favorables constituent une aide, pas une décision automatique.
  3. Créer le point d’injection sur un nœud du maillage dans l’étude de remplissage.
    Point d’injection sur le maillage
  4. Vérifier la faisabilité du moule : usinage, démoulage de la carotte, aspect de la pièce et accès à la zone.

Prédimensionner avant de construire dans Moldflow

Les formules proposent des dimensions initiales pour le seuil, les canaux et la carotte. Vérifier ensuite dans Moldflow la pression, le cisaillement et le remplissage.

Données imposées

Le polymère est fixé par le cahier des charges. La masse, l’épaisseur moyenne, la surface de la cavité et les longueurs de canaux proviennent de la pièce et de l’architecture du moule. Ce sont donc des entrées du prédimensionnement, pas des variables à optimiser librement.

Données de procédé

La vitesse et le temps d’injection interviennent seulement dans certaines formulations de carotte. Compléter ces données après les premières simulations si elles sont inconnues.
Logique de calcul. Dimensionner d’abord le seuil, puis remonter vers les canaux de distribution et enfin vers la carotte. Dans un réseau ramifié, chaque tronçon amont transporte la masse de toutes les empreintes situées en aval : la masse à utiliser doit donc correspondre à ce que le tronçon alimente réellement.

Prédimensionnement de l’alimentation

Les dimensions sont calculées à partir des données de la pièce et restent ajustables.

1
Données de la pièce et de la matière

Ces grandeurs sont fixées par le cahier des charges ou la géométrie de la pièce ; elles ne sont pas déduites du réseau d’alimentation.

Active les familles de corrélations disponibles.
Masse de la pièce seule, hors alimentation.
Préremplie à partir du polymère avec une valeur typique à température ambiante ; remplacer par la valeur du grade exact, surtout s’il est chargé ou renforcé.
Valeur du grade à privilégier. Elle sert uniquement à proposer K par interpolation lorsqu’aucune valeur Delorme n’est directement disponible.
Nécessaire pour PYE seuil et ANIFOP canal.
Nécessaire pour les relations de seuil PYE. Utiliser la surface développée de la pièce, et non la surface projetée ; V/e n’est qu’une approximation grossière de cette grandeur.
2
Dimensionner le seuil

La masse transportée par un seuil est d’abord la masse d’une pièce. Choisir une corrélation, puis retenir une géométrie qui restera modifiable.

ANIFOP — seuil circulaire
—
PYE — pin gate circulaire (littérature)
—
Seuil latéral rectangulaire — relation documentée
—
Si ANIFOP est retenu, cette longueur reste à fixer par conception.
3
Construire le réseau de canaux

On décrit ici un niveau symétrique du réseau : plusieurs canaux identiques partent de la carotte. La masse transportée par un canal est calculée à partir du nombre de pièces situées en aval, mais elle peut être corrigée manuellement.

Grandeur fixée par l’architecture du moule.
Préremplie par : masse pièce × nombre de pièces en aval. Modifiable pour un réseau plus complexe.
Architecture non renseignée.
ANIFOP — canal circulaire
—
PYE — canal circulaire
—
Prérempli par la proposition choisie, puis librement modifiable.
4
Dimensionner la carotte à partir de ce qui est réellement alimenté

La masse des pièces, des seuils et des canaux est maintenant connue. Le calcul transforme automatiquement cette masse en volume injecté avant d’appliquer Delorme ou Menges.

Préremplie par le réseau ; modifiable si un volume annexe doit être ajouté.
Prérempli avec V = m/ρ. C’est ce volume qu’utilisent les relations de carotte.
Prérempli par la valeur Delorme disponible ou, à défaut, par interpolation à partir du MFI. Toujours modifiable.
Ce n’est pas directement la vitesse d’avance de la vis : la relation Menges porte sur la vitesse axiale équivalente de matière dans la section considérée.
Delorme
—
Menges
—
Pièces + seuils + canaux + volume de la carotte retenue.
Chaîne de calcul actuelle
Pièces alimentées—
Masse pièces—
Masse injectée hors carotte—
Volume transmis à la carotte—
Lecture scientifique. Le calcul est volontairement causal : la géométrie de chaque niveau donne un volume, la masse volumique transforme ce volume en masse, puis cette masse devient la charge que doit transporter le niveau amont.

Formules de prédimensionnement

Utiliser les unités indiquées. Les dimensions obtenues sont des valeurs de départ à vérifier dans la simulation.

1. Seuil circulaire — corrélation ANIFOP
empirique
φs = (W / 4,524)1 / 4,519 + Cmat

W : masse alimentée par le seuil, en g. Cmat : 0 pour PEHD/PEBD/PP/PS ; 0,4 pour ABS/SAN/PA/POM ; 0,7 pour PC/PMMA/PBT. Domaine du support : W < 500 g.

2. Seuil circulaire — relation associée à Pye
empirique
d = N · C(e) · A1/4

A : surface développée totale de la pièce (mm²). N : facteur matière. C : facteur dépendant de l’épaisseur. Valeurs de C utilisées : 0,178 (0,75 mm), 0,206 (1 mm), 0,230 (1,25 mm), 0,242 (1,5 mm), 0,272 (1,75 mm), 0,294 (2 mm).

3. Seuil latéral rectangulaire
règle de conception
h = n · e
w = n · √A / 30

e : épaisseur moyenne de la pièce (mm), A : surface de la pièce (mm²). Coefficient n : PE/PS 0,6 ; PP/POM/PC 0,7 ; PA/PMMA 0,8 ; PVC 0,9.

Le calculateur utilise directement ces deux relations pour proposer l’épaisseur et la largeur du seuil.

4. Canal circulaire — relation de Pye
empirique
D = √W · L1/4 / 3,7

W : masse réellement transportée par le tronçon (g), L : longueur du canal (mm). Le calculateur emploie la masse située en aval du tronçon, et non automatiquement la masse totale de la moulée.

La littérature consultée présente cette relation comme un guide pour des pièces jusqu’à environ 200 g et des parois jusqu’à environ 3 mm. Le résultat reste à confronter aux pertes de charge et au cisaillement dans Moldflow.

5. Canal circulaire — corrélations ANIFOP
empirique
ABS/SAN/PP/POM/PBT :
φc = [W + 328,155·exp(0,494·Ep)] / [94,418·exp(0,322·Ep)] · exp[(Lc−15,641)/726,369]

PEHD/PEBD/PS/PA :
φc = [W + 229,844·exp(0,49·Ep)] / [107,848·exp(0,256·Ep)] · exp[(Lc−15,641)/726,369]

Ep : épaisseur moyenne (mm), Lc : longueur du canal (mm). exp(x) désigne la fonction exponentielle.

Pour PPO/PMMA, le support ajoute +2 mm à la première expression ; pour PC/CA/PUR, +0,5 mm. Ces variantes sont conservées dans le calculateur.

6. Carotte — Delorme
empirique
d = √(0,52 · Vcm³ / K)
soit, avec V en mm³ :
d = √[5,2 · Vmm³ / (10000 · K)]

K utilisé : PS 1 ; ABS 1 ; PVC plastifié 0,9 ; acétate de cellulose 0,9 ; PMMA 0,85 ; PA66 2. Pour un polymère sans valeur tabulée, le calculateur propose K par interpolation à partir du MFI ; la valeur reste modifiable.

7. Carotte — Menges
continuité volumiqueattribution secondaire
V / t = (π d² / 4) · v
⇒ d = √[4V / (π · v · t)]

Dans l’outil : V en mm³, v en mm/s et t en s donnent d en mm. v est la vitesse moyenne de matière dans la carotte ; ce n’est pas directement la vitesse d’avance de la vis.

La forme historique retrouvée utilise 0,78 ≈ π/4. La relation est donc cohérente avec la conservation du débit, sous réserve d’utiliser les unités et la vitesse correspondantes.

8. Relations géométriques
géométriebilan de masse
Vcanal = πD²L / 4
m = ρ · V / 1000
mamont = Σmpièces + Σmseuils + Σmcanaux

ρ est en g/cm³ et V en mm³. Le facteur 1000 vient de 1 cm³ = 1000 mm³. Dans l’outil, ρ est préremplie par une valeur typique du polymère, mais reste modifiable pour utiliser la donnée du grade exact.

Ces équations ne sont pas des corrélations : elles servent seulement à transmettre à l’étape amont la quantité de matière correspondant à la géométrie retenue à l’étape aval.

Si deux formules donnent des dimensions différentes : tester les deux géométries dans Moldflow et comparer les résultats, sans calculer une moyenne arbitraire.

Construire une alimentation réellement calculée

Lorsque la position du seuil est choisie, remplacer le simple point d’injection par l’alimentation nécessaire à l’étude. Moldflow permet de tracer les poutres manuellement ou d’utiliser l’assistant. L’assistant est rapide pour une alimentation standard ; une géométrie plus complexe devra être construite ou reprise manuellement.

  1. Vérifier une dernière fois l’orientation. Dans cette étude, +Z pointe vers le ponton et l’arrivée matière se fait suivant −Z. Une orientation incorrecte entraîne une carotte et des circuits placés du mauvais côté.
  2. Ouvrir l’assistant du système d’alimentation depuis l’onglet Géométrie. Lire les indications de chaque page de l’assistant et positionner la carotte par rapport au seuil déjà défini.
    Assistant de création du système d’alimentation : position de la carotte et options du système.
  3. Créer une carotte directe reliant l’arrivée matière au seuil central. Contrôler sa continuité avec le maillage de la pièce.
    Exemple de carotte directe construite sur la pièce maillée.
  4. Relancer un remplissage avec l’alimentation modélisée. Comparer le temps de remplissage et la pression avec l’étude comportant seulement un point d’injection. Les pertes de charge de la carotte et du seuil appartiennent désormais au modèle.
À retenir. La géométrie d’alimentation influence directement le temps de remplissage, la pression disponible dans l’empreinte et, ensuite, le comportement du maintien. Les réglages des étapes suivantes doivent donc être réalisés avec l’alimentation retenue.
Ligne de soudure

Rencontre de deux fronts, avec un risque esthétique et mécanique.

Ligne de soudure
Inclusion d’air

Air emprisonné pouvant gêner le remplissage ou provoquer une brûlure.

Inclusion d’air
Pression élevée

Indique des pertes de charge importantes dans la buse, les canaux, le seuil ou la pièce.

Une ligne de soudure critique traverse une zone fortement sollicitée. Quelle action tester en premier ?

Prise de notes — Comparer les positions de seuil

Essais de seuil
Essai / position et taille du seuilTemps réel (s) / Pmax (MPa)Soudure : zone et T front (°C)Air : zone / évent possibleAutre défaut / faisabilité mouleDécision / modification suivante

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Étape 5 sur 9

Régler le remplissage

Construire un profil de vitesse régulier puis rechercher le temps qui minimise la pression.

Plan d’essais du remplissage

Créer une référence avec matière, températures, maillage, seuil, limite de pression et commutation documentés. Saisir le temps nominal et les points du profil avec leurs axes et unités exacts : débit absolu, débit relatif, vitesse ou position ne sont pas interchangeables. Un pourcentage de débit n’est pas un pourcentage de course.

Avant de corriger uniquement par le process, regarder la géométrie. Si une branche se remplit nettement plus tard qu’une autre à cause de sa résistance d’écoulement, le Dual Domain permet de tester rapidement une variation locale d’épaisseur. Une légère augmentation du passage dans la branche en retard peut accélérer son front et rééquilibrer le remplissage. Le profil de vitesse sert ensuite à affiner le pilotage global ; il ne doit pas masquer un déséquilibre géométrique évident.
Dans le pilotage du remplissage : profil de vitesse relative de piston, exprimé ici en % débit / % volume injecté.
Deux pressions à distinguer. La carte « Pression à la commutation » est une photographie à un instant. Elle ne donne pas automatiquement le maximum temporel du remplissage ni du cycle. Lire aussi la courbe pression–temps au même point. Comparer des pressions avec la même localisation, la même unité et la même phase.
  1. Calculer un premier remplissage et animer le résultat Temps de remplissage.
  2. Afficher Vitesse de piston recommandée afin d’obtenir une progression du front aussi régulière que possible.
    Vitesse de piston recommandée
    Vitesse du piston et vitesse du front
  3. Reporter le profil dans les paramètres process sous la forme débit relatif en fonction du volume injecté.
    Profil relatif en fonction du volume
  4. Simplifier à quatre ou cinq points. Une presse utilisera souvent seulement deux ou trois paliers.
  5. Faire varier le temps nominal de ± 10 % en conservant la forme du profil et relever la pression à chaque calcul.
    Recherche du minimum de pression
  6. Retenir le minimum de pression sans dégrader les défauts, le cisaillement ou la température.

Balayer le temps de remplissage et tracer la courbe de pression

  1. Conserver le profil de vitesse retenu et ne modifier que le temps de remplissage demandé.
  2. Lancer plusieurs analyses simples autour de la valeur de référence. Pour chaque calcul, relever le temps de remplissage réellement obtenu et la pression au même endroit et au même instant de référence.
  3. Reporter les couples temps / pression dans le tableau de notes ci-dessous ou dans un tableur, puis tracer la pression en fonction du temps de remplissage.
  4. Rechercher le voisinage du minimum de la courbe en U. Ce temps devient la référence de la suite de l’étude, à condition que les autres critères — température du front, cisaillement et défauts — restent acceptables.
Pourquoi existe-t-il un optimum ? Injecter plus vite diminue la viscosité par cisaillement, mais exige aussi un débit plus élevé et peut augmenter les pertes de charge visqueuses. Injecter trop lentement laisse davantage figer la matière aux parois.

Prise de notes — Construire mon profil et comparer les remplissages

Points du profil de remplissage
Profil / palierVolume injecté (%)Débit relatif (%) ou absolu (cm³/s)Effet attendu sur le front
Balayage du temps de remplissage
Essai / temps nominal (s)Temps réel (s)Pmax au point injection (MPa)P à V/P au même point (MPa)T front (°C) / cisaillement (s⁻¹)Défauts / décision

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Étape 6 sur 9

Relier le profil simulé au fonctionnement d’une presse

Comprendre la correspondance entre le débit simulé, la vitesse de vis et les positions des paliers sur une machine réelle.

Convertir sans confondre les unités

A = π D² / 4 ; Q = A × v ; Δx = ΔV / A
Avec D et v en mm et mm/s : Q [cm³/s] = A × v / 1000
1 MPa = 10 bar ; P matière = rapport d’intensification × P hydraulique

Exemple géométrique : une vis de 40 mm a une section d’environ 1 257 mm². À 50 mm/s, son débit théorique est de 62,8 cm³/s. Déplacer 10 cm³ demande environ 8 mm de course. Sur une presse réelle, la compressibilité, le clapet et les pertes peuvent modifier cette correspondance théorique.

Pour convertir les paliers de volume en positions, définir l’origine et le sens de déplacement, le volume total considéré (pièce et alimentation), la position de départ et le matelas. Le pourcentage de remplissage de l’empreinte ne se transpose pas directement en pourcentage de course de dosage.

Dans les données de la machine utilisées pour la simulation, distinguer pression hydraulique et pression spécifique matière. Appliquer le rapport d’intensification uniquement si la conversion est nécessaire. Comparer les résultats calculés aux capacités renseignées : débit, pression, volume injectable et force de fermeture. La force d’ouverture dépend de la pression dans l’empreinte intégrée sur sa surface projetée, pas simplement du maximum à la buse.

Dans Moldflow

Le profil est défini en pourcentage de débit selon le pourcentage de volume injecté.

Parallèle avec la presse

Les vitesses sont associées à des positions de vis, avec une limite de pression.
  1. Dosage et matelas sur une presse. La course de dosage détermine le volume disponible. Le matelas est le volume de matière restant devant la vis pour transmettre la pression pendant le maintien.
  2. Observation du front. Sur presse, les moulées courtes montrent la progression du front. Dans Moldflow, l’animation du temps de remplissage permet de repérer les transitions géométriques et de placer les changements de débit.
  3. Paliers de vitesse sur la machine. Le profil peut être représenté par plusieurs vitesses associées à des positions de vis. L’écran ci-dessous illustre la correspondance avec les paliers de débit du modèle.
    Paliers de vitesse et positions de vis sur la presse
  4. Variation de la vitesse. Dans la simulation, faire varier le temps nominal à forme de profil constante modifie le niveau de débit. Sur une machine, cette variation correspond à une modification proportionnelle des vitesses de vis.
  5. Contrôler la limite de pression dans la simulation. Si elle est atteinte, le débit calculé peut s’écarter du profil demandé. Le même phénomène se produit sur une presse lorsque la pression disponible limite l’avance de la vis.
Décalage d’un cycle. Si la presse a déjà dosé, une modification de dosage peut ne s’appliquer qu’au cycle suivant.
Étape 7 sur 9

Régler la commutation vitesse pression

Passer du pilotage en vitesse au pilotage en pression juste avant la fin du remplissage.

Reconnaître une commutation correcte

À profil et températures constants, faire varier le pourcentage par petits pas et relever l’instant de commutation, le temps de remplissage complet, le pic de pression et les zones encore non remplies au transfert. Un calcul limité par la pression peut déclencher un autre critère avant le pourcentage prévu : lire le journal et le mode réellement appliqué.

Le coude temps réel / pourcentage aide à choisir, mais vérifier aussi la continuité de P(t), l’absence de surpression excessive et l’achèvement du remplissage. 98 ou 99 % sont des points de départ usuels à adapter au modèle et au pilotage. Une zone grisée à l’instant de commutation peut encore se remplir pendant la phase pression.

  1. Dans Moldflow, choisir le pourcentage de volume rempli.
    Commutation dans Moldflow
  2. Partir près de 99 % puis diminuer la valeur de 1 % en 1 %.
  3. Noter le temps de remplissage réel après chaque calcul.
  4. Repérer le coude de la courbe : juste avant que le temps réel augmente nettement.
  5. Parallèle avec la presse. La commutation peut être déclenchée par une position de vis. Le matelas restant permet alors de transmettre le maintien. Dans cette simulation, le critère utilisé est le pourcentage de volume rempli.
    Commutation sur la presse
Exemple de balayage de la commutation : le temps de remplissage effectif évolue lorsque l’on abaisse le pourcentage de volume rempli au transfert V/P.
Méthode de lecture. Partir du réglage automatique proche de 99 %, abaisser progressivement le pourcentage et conserver, pour chaque analyse, le temps de remplissage et la pression. Le réglage retenu doit gagner sur la surpression ou le temps sans transférer une part excessive du remplissage à la phase pression.
RéglageEffetRisque
Trop tardLa vitesse est maintenue presque jusqu’en butée volumique.Pic de pression, surcompactage local, ouverture du moule.
CorrectLa fin du remplissage devient progressive.Risque maîtrisé si le matelas et le seuil sont corrects.
Trop tôtLa phase pression termine une grande part du remplissage.Gel prématuré, temps long, pièce incomplète.

Quel point retenir sur la courbe temps réel / commutation ?

Prise de notes — Rechercher la commutation

Balayage de la commutation
Essai / V/P demandé (%)Instant V/P réel (s)Temps complet réel (s)Pmax / P à V/P (MPa)Pic / zone non remplie / critère réelDécision / prochain % à tester

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Étape 8 sur 9

Régler le maintien

Compenser le retrait volumique pendant le refroidissement, sans surcompacter la pièce, tant que le chemin d’alimentation transmet encore la pression.

Progression de l’étape. On commence par comprendre ce que fait physiquement le maintien pendant le refroidissement à l’aide du PVT. On règle ensuite la pression et son profil, puis seulement la durée utile jusqu’au gel de l’alimentation.

1. Ce que le maintien compense réellement

À la fin du remplissage, l’empreinte contient encore un polymère chaud et compressible. En refroidissant, sa densité augmente et son volume spécifique diminue. Si aucune matière supplémentaire n’entre alors que le chemin d’alimentation est encore ouvert, cette contraction se traduit par du retrait, des retassures ou des vides internes. Le rôle du maintien est donc d’introduire progressivement de la masse supplémentaire pendant que le polymère se contracte.

Juste après la commutation

La matière est encore très chaude et mobile. Une pression suffisamment élevée permet de finir le compactage et de transmettre de la matière jusque dans les zones encore alimentées.

Pendant le refroidissement

Le volume spécifique diminue. Le débit d’appoint devient progressivement plus faible et la pression utile peut généralement décroître ; conserver inutilement une pression élevée peut surcompacter les zones proches de l’alimentation.

Après le gel du seuil

La cavité est isolée de la presse. Continuer à maintenir la pression côté machine n’ajoute plus de matière dans la pièce : le reste du cycle est alors essentiellement du refroidissement.

Lecture PVT. Le diagramme pression–volume spécifique–température décrit comment le polymère se comprime et se contracte. On ne suit pas une unique « courbe PVT » : on fait évoluer l’état de la matière dans ce diagramme en faisant varier température et pression. Un profil de maintien décroissant peut être utilisé pour accompagner le refroidissement sans conserver une forte compression plus longtemps que nécessaire.

Visualiser la trajectoire pendant le refroidissement

Les courbes ci-dessous sont illustratives : elles donnent des ordres de grandeur et montrent la forme des phénomènes. Pour une étude réelle, il faut utiliser le PVT du grade matière choisi dans Moldflow.

Famille :
Temps après V/P0,0 s
InstantCommutation V/P

Le remplissage est presque terminé ; le pilotage passe à la pression.

Pression appliquée100 MPa

La matière est encore chaude et compressible.

Effet recherchéapporter de la masse

Compenser la diminution de volume spécifique pendant le refroidissement.

Transition matièreTg ≈ 105 °C

Pour un amorphe, le passage vitreux modifie surtout la pente du PVT sans cristallisation.

Après gel du seuilplus d’alimentation

La pression de la presse ne peut plus corriger le retrait de la cavité.

Amorphe : le volume spécifique diminue de façon relativement continue au refroidissement ; autour de Tg, la pente change mais il n’y a pas de contraction de cristallisation. Le profil de maintien vise surtout à compenser la contraction thermique et la décompression.

1.1 Amorphe et semi-cristallin : le PVT ne se lit pas de la même façon

Polymère amorphe

Le passage de l’état fondu à l’état vitreux se fait autour de la température de transition vitreuse Tg. Sur le PVT, le volume spécifique évolue de manière relativement continue avec un changement de pente autour de Tg. Il n’y a pas de cristallisation : la contraction est principalement liée au refroidissement et à la décompression.

Polymère semi-cristallin

En refroidissant, une partie des chaînes s’organise en zones cristallines. Au voisinage de la température de cristallisation Tc, cette organisation produit une contraction supplémentaire : le PVT présente une forte courbure de la branche basse liée à la cristallisation, puis une rupture nette de pente avec la branche haute. Le retrait est donc généralement plus important et dépend fortement de la vitesse de refroidissement et du degré de cristallinité.

Conséquence pour le maintien. Pour un semi-cristallin, la contraction associée à la cristallisation peut maintenir un besoin d’apport de matière important pendant une partie du refroidissement, tant que le seuil reste ouvert. Le profil de pression doit donc être lié au PVT réel du grade, au refroidissement et au gel de l’alimentation ; on ne transpose pas directement un profil optimisé pour un amorphe à un PP, un PA ou un POM.

1.2 En déduire une stratégie de maintien selon la cristallinité

Le diagramme PVT ne donne pas directement une consigne de pression unique, mais il permet de comprendre où il est utile de conserver de la capacité de compactage. Plus la contraction volumique est importante pendant que le seuil reste ouvert, plus il faut éviter de faire chuter trop tôt la pression transmise à la cavité. Cela ne signifie pas qu’il faut maintenir une pression maximale plus longtemps : le but reste d’obtenir un retrait aussi homogène que possible sans surcompactage.

Comportement matièreCe qui se passe au refroidissementProfil de maintien intéressant à testerPoint de vigilance
AmorpheContraction relativement progressive, sans contraction de cristallisation.Décroissance continue assez régulière après le compactage initial. On peut souvent relâcher progressivement la pression à mesure que le débit d’appoint diminue.Ne pas relâcher trop tôt : risque de retassure ou de retour matière si le seuil est encore ouvert.
Semi-cristallin, cristallisation limitée
refroidissement rapide, zones minces
La contraction de cristallisation existe mais reste plus limitée avant solidification.Rampe décroissante, éventuellement proche de celle d’un amorphe, à confirmer par le retrait volumique et la pression cavité.Une partie de la cristallisation peut se produire après que l’alimentation devient inefficace : la pression machine ne peut alors plus compenser ce retrait.
Semi-cristallin, cristallisation plus marquée
refroidissement plus lent, moule plus chaud, zones épaisses
Rupture PVT au début de la cristallisation, puis contraction plus importante sur la branche semi-cristalline.Relâcher plus lentement la pression pendant cette zone, puis accélérer la décroissance une fois la contraction principale passée, si le seuil transmet encore la pression.Éviter de compenser par une pression excessive près du seuil : surveiller surcompactage et hétérogénéité du retrait.
Idée importante : la cristallinité n’impose pas « plus de pression » de façon systématique. Elle conduit surtout à réfléchir à quand conserver de la pression et à quelle vitesse la relâcher. Le bon profil est celui qui maintient une alimentation utile pendant la contraction, puis laisse la pression décroître dès qu’elle n’apporte plus de masse utile.
Conclusion de réglage à tirer du PVT.
Amorphe : après le compactage initial, partir sur une rampe décroissante continue et régulière jusqu’au gel du seuil. Il n’existe pas de contraction de cristallisation justifiant de conserver artificiellement un palier élevé. Si des paliers sont utilisés, ils servent surtout à approcher cette rampe de façon simple.
Semi-cristallin : après le compactage initial, conserver une décroissance plus lente à l’approche puis pendant la zone de cristallisation afin de garder de la capacité d’alimentation pendant la chute rapide du volume spécifique, puis relâcher plus franchement lorsque cette zone est passée. Les paliers éventuels servent donc à matérialiser trois moments : compactage initial, traversée de la zone de cristallisation, puis fin de maintien à faible pression.
Cas décisif : si le seuil gèle avant que la contraction de cristallisation soit principalement passée, augmenter ou prolonger la pression machine ne pourra plus ajouter de matière dans la pièce. Il faut alors agir sur le seuil, la thermique, l’épaisseur ou le refroidissement, pas seulement sur la consigne de maintien.
Famille / casQuand placer les changements de niveau ?Repère de températureConsigne pratique
AmorpheLes changements ne sont pas dictés par une rupture PVT. Les paliers éventuels se placent surtout en fonction de la baisse du besoin d’alimentation et de la transmission de pression.Pas de Tc. Surveiller surtout l’approche de Tg et le gel du seuil.Préférer une rampe régulière. Si la presse impose des paliers, utiliser 2 à 3 niveaux pour approximer cette décroissance continue.
Semi-cristallin
repère PVT illustratif
Palier 1 : jusqu’à l’approche de la cristallisation.
Palier 2 : pendant la traversée de la zone de cristallisation.
Palier 3 : après cette zone, jusqu’au gel du seuil si l’alimentation reste utile.
Dans ce schéma illustratif : Tc(P) ≈ 145 + 0,30·P avec P en MPa.
Donc à titre d’exemple : 100 MPa → ≈ 175 °C ; 80 MPa → ≈ 169 °C ; 60 MPa → ≈ 163 °C ; 40 MPa → ≈ 157 °C ; 20 MPa → ≈ 151 °C.
On peut donc placer un changement de niveau un peu avant la zone de cristallisation, puis un autre après sa traversée.
Commencer haut pour le compactage, puis garder une pression qui décroît plus lentement lorsque la température locale traverse environ Tc(P)+10 °C à Tc(P)-10 °C. Une fois cette zone passée, relâcher davantage. Si on utilise des paliers, ils doivent approximer cette logique.
Lecture correcte de ce repère. Pour un semi-cristallin, la température pertinente de changement de palier dépend de la pression réellement transmise, pas seulement de la consigne machine. En pratique, on part d’un premier profil estimé à partir du PVT, puis on le corrige avec les résultats Moldflow : pression cavité, retrait volumique, masse, retassures, surcompactage et temps de gel du seuil.

2. Pourquoi ne pas maintenir une pression élevée jusqu’au gel ?

Pression constante trop élevée

Elle peut continuer à comprimer les zones encore chaudes et bien alimentées alors que le besoin d’appoint diminue. Cela favorise surcompactage, bavures, contraintes résiduelles et gradients de retrait, surtout près du seuil.

Pression décroissante

Une pression plus forte au début assure le compactage, puis elle peut être relâchée continuellement pendant le refroidissement. Les paliers ne sont qu’une manière pratique d’approcher cette décroissance lorsque le réglage de la presse ou le profil choisi est discret.

MomentÉtat physiqueLogique du maintienCe qu’il faut surveiller
Début de maintienMatière chaude, cœur très mobilePression assez forte pour finir le compactage et alimenter les zones en retraitPression cavité, force de fermeture, bavures
Refroidissement en coursPeau solide qui épaissit, cœur encore chaudRéduire progressivement la pression si le PVT et les résultats montrent que le même compactage n’est plus nécessaireRetrait volumique, masse, pression loin du seuil, contraintes
Approche du gelDébit d’appoint très faibleTerminer la rampe à faible pression ; des paliers peuvent seulement servir à l’approximer. Vérifier que la pièce ne se vide pas vers l’alimentation.Débit au seuil, pression cavité, fraction solide
Après gelEmpreinte isoléeLa pression de maintien n’a plus d’effet sur la masse de la pièceRefroidissement et température d’éjection
Ne pas confondre pression machine et pression réellement transmise. Même avant le gel complet, l’augmentation de viscosité et la solidification réduisent la transmission de pression vers les zones éloignées. Une pression élevée à la buse ne garantit donc pas un compactage homogène dans toute l’empreinte.

3. Régler séparément le niveau de pression, le profil et la durée

À commutation fixée, tester d’abord le niveau de pression de maintien en contrôlant retrait, masse calculée si disponible, pression loin du seuil, force de fermeture et contraintes. Identifier si le profil est en MPa ou en pourcentage de la pression à la commutation. Une pression initiale de 80 % de la pression à la commutation reste un point de départ, pas une valeur cible universelle.

Une fois ce premier niveau établi, tester une décroissance continue de la pression. Le principe physique est de relâcher progressivement la pression à mesure que le besoin d’apport de matière diminue. Si la presse ou le profil de simulation est réglé par points, cette rampe peut être approchée par plusieurs points ou paliers : les paliers sont un moyen de réglage, pas une nécessité physique.

Pour un amorphe, commencer par une décroissance assez régulière. Pour un semi-cristallin, comparer une décroissance régulière à une rampe qui reste plus haute pendant la zone de cristallisation puis chute plus rapidement ensuite. Si l’on préfère des paliers, les placer en se repérant à la température locale : un premier niveau élevé jusqu’à l’approche de Tc(P), un niveau intermédiaire pendant la traversée de la zone de cristallisation, puis un niveau plus bas ensuite. Le critère n’est pas la forme de la courbe elle-même, mais l’homogénéité du retrait, la pression transmise, l’absence de surcompactage et la stabilité de la masse.

Déterminer ensuite la durée à partir du gel du seuil, avec une marge de 10 %. Le maintien cesse d’être efficace lorsqu’un élément du chemin d’alimentation isole la pièce (seuil ou carotte, selon le moule). Un point d’injection sans seuil modélisé ne permet pas de valider le gel du seuil réel. Le résultat « fraction de gaine solide » et son interprétation dépendent du type de maillage et du solveur.

Origine des temps. Le temps de gel du seuil est donné depuis le début de l’injection. Pour obtenir la durée après remplissage, soustraire le temps de remplissage puis ajouter 10 % de marge : durée de maintien = (temps de gel − temps de remplissage) × 1,10. Exemple : gel à 6 s et remplissage à 1,6 s → 4,4 s utiles, soit 4,84 s avec la marge. Si le champ du logiciel démarre à la commutation, ajouter l’intervalle entre commutation et fin du remplissage.

Après modification du profil, relancer le calcul : le gel lui-même peut évoluer. La durée de maintien est déterminée à partir des résultats de simulation : gel du chemin d’alimentation, évolution de la pression, retrait volumique, retassures et, si le résultat est disponible, masse calculée de la moulée.

  1. Passer en Remplissage plus compactage et relancer le calcul.
    Remplissage plus compactage
  2. Créer une cartographie XY de Fraction de gaine solide au niveau du point d’injection.
    Fraction de gaine solide
  3. Repérer l’instant où la fraction atteint 1. Vérifier que ce résultat correspond au seuil réellement modélisé et coupe l’alimentation.
    Recherche du gel du seuil
  4. Calculer la durée utile : durée après remplissage = (temps de gel − temps de remplissage) × 1,10.
  5. Créer un premier profil à environ 80 % de la pression à la commutation, si telle est la référence du profil. Tester ensuite un profil à deux ou trois paliers décroissants pour accompagner le refroidissement plutôt que de conserver la même forte pression jusqu’au gel.
    Premier profil de maintien
    Exemple discret à deux paliers : une approximation simple d’une décroissance que l’on peut rendre plus progressive.
  6. Compléter par l’évolution de la température et du PVT. Créer une cartographie ou une courbe XY au niveau du seuil et relever la température en fonction du temps. Examiner aussi le retrait volumique et, lorsque les résultats le permettent, l’évolution de la pression et du volume spécifique : l’objectif est de vérifier que le profil accompagne la contraction sans maintenir inutilement une forte compression. Cette lecture complète la fraction de gaine solide pour repérer quand l’alimentation n’est plus utile au compactage.
  7. Vérifier l’effet du maintien dans la simulation. Comparer plusieurs durées en conservant les autres paramètres constants. Retenir la durée au-delà de laquelle le retrait, les retassures, la pression transmise dans l’empreinte et les autres résultats utiles n’évoluent plus sensiblement.

Dans la simulation

Le maintien utile se juge par l’instant de gel du seuil ou de la carotte, mais aussi par la trajectoire de pression pendant le refroidissement, le retrait volumique, la masse, les retassures et la transmission de pression dans l’empreinte. Un profil décroissant peut être comparé à une pression constante pour vérifier si l’on obtient la même qualité avec moins de surcompactage.

Sur une presse réelle

La méthode expérimentale équivalente consiste à faire varier pression et temps de maintien à conditions constantes, puis à peser les moulées et observer dimensions, retassures et bavures. Lorsque la masse atteint un plateau, prolonger le maintien n’apporte plus de matière : l’alimentation de l’empreinte est gelée.
Parallèle avec la presse : le plateau de masse est l’équivalent expérimental de la perte d’efficacité du maintien observée dans la simulation.
durée après remplissage = (temps de gel du seuil − temps de remplissage) × 1,10
Deux décisions différentes. La forme du profil de pression — rampe continue ou approximation par paliers — se règle pour accompagner la contraction PVT sans surcompacter ; la durée maximale utile est limitée par le gel du chemin d’alimentation. Sur presse, le plateau de masse permet de vérifier expérimentalement cette perte d’efficacité du maintien.

Prise de notes — Déterminer le maintien utile

Profil de pression
Profil / palierTemps depuis V/P (s)Pression (MPa ou %)Référence du % / effet attendu
Essais de maintien et résultats
Essai / pression de maintienInstant V/P / gel depuis injection (s)Durée de maintien depuis V/P (s)Masse calculée (g, si disponible)Retrait (%) / retassures / bavuresDécision / prochaine modification

Notes enregistrées automatiquement dans ce navigateur.

Étape 9 sur 9

Régler le refroidissement et terminer le cycle

Comprendre les échanges thermiques, concevoir la régulation, puis vérifier dans Moldflow que le refroidissement est homogène et compatible avec le temps de cycle.

Du modèle simplifié au moule réellement régulé

Une température de moule imposée est une condition limite utile pour une première analyse, mais elle ne décrit ni les canaux, ni l'échauffement du fluide, ni la diffusion de la chaleur dans l'outillage. Ajouter les circuits puis le volume du moule fait apparaître progressivement les phénomènes qui fixent réellement les températures locales et le temps d'éjection.

Trois niveaux de modélisation : plus le modèle thermique est complet, plus les échanges réels peuvent être représentés.
Dans le modèle complet, la pièce, l'alimentation, les circuits et le moule participent au calcul thermique.
Idée d'ingénieur. Une « température moule = 40 °C » ne signifie pas que toute la cavité reste exactement à 40 °C. C'est une simplification. Dès que le moule et sa régulation sont modélisés, la température devient un résultat spatial et temporel du bilan énergétique.

D'où viennent les grandeurs thermiques ?

Le solveur ne produit pas une température « par magie » : il résout un bilan d'énergie. À l'échelle du moule, une écriture simplifiée permet de relier son inertie thermique aux flux qu'il reçoit ou qu'il évacue :

ρm · Cp,m · Vm · dTm/dt = Σ Φ

ρ est la masse volumique du moule, Cp sa chaleur spécifique et V son volume. Le produit ρ·Cp·V traduit donc la quantité d'énergie nécessaire pour faire varier sa température. Un moule massif ou de forte capacité thermique évolue plus lentement qu'un petit volume soumis au même flux.

Au niveau d'un canal, l'échange avec le fluide est gouverné par la convection. Pour éviter une ambiguïté d'unité, on distinguera ici le flux surfacique q'' et la puissance échangée Φ :

q'' = h · (Tparoi − Tfluide)   [W/m²]
Φ = h · Sc · (Tparoi − Tfluide)   [W]

Le coefficient h n'est donc pas une constante arbitraire : il dépend du fluide, du diamètre hydraulique et du régime d'écoulement. On le relie au nombre de Nusselt par :

h = Nu · k / Dh

où k est la conductivité thermique du fluide et Dh le diamètre hydraulique. La géométrie du circuit et son écoulement déterminent donc directement la capacité à extraire la chaleur.

PropriétéAcierAlliage d'aluminiumEauHuile
ρ (kg/m³)780027001000980
Cp (J/kg/K)48098041851800
k (W/m/K)452000,60,2
μ (Pa·s)——0,0010,1
À lire dans le tableau. Le matériau du moule intervient dans la diffusion de la chaleur ; le fluide intervient par sa capacité thermique, sa conductivité et sa viscosité. Les valeurs ci-dessus sont des valeurs illustratives : dans une étude réelle, prendre les propriétés correspondant au matériau et à la température considérés.

Concevoir le circuit avant de régler le débit

La géométrie des canaux détermine où la chaleur peut être captée. Un circuit très performant hydrauliquement mais placé trop loin d'une zone épaisse restera peu efficace sur cette zone.

Parallèle / série. En série, le même fluide parcourt successivement les branches et se réchauffe. En parallèle, les branches reçoivent un fluide plus proche de la température d'entrée, mais le débit total doit être partagé entre elles.
Règles de pré-dimensionnement utilisées ici : D ≈ 10–14 mm, H ≈ D à 2D et entraxe ≈ 2H. Ce sont des ordres de grandeur de départ, à confronter à la géométrie réelle et aux résultats.
Diamètre D

Augmenter D modifie à la fois la surface d'échange, la vitesse pour un débit donné, le Reynolds et les pertes de charge. Le diamètre ne peut donc pas être choisi sur un seul critère.

Distance H à la cavité

Trop loin, le canal agit peu sur la zone chaude ; trop près, les gradients locaux deviennent importants et la construction du moule peut devenir délicate.

Entraxe des canaux

Un espacement trop grand laisse des zones chaudes entre deux canaux ; un espacement très faible augmente le nombre de perçages sans garantie d'un meilleur compromis global.

Pour contourner des noyaux ou refroidir des zones profondes, on peut rencontrer des dispositifs particuliers. Le puits à lame et la fontaine redistribuent localement l'écoulement et se rapprochent respectivement, dans leur fonctionnement, d'une circulation en série et d'une circulation en parallèle.

Exemples de solutions pour amener le fluide dans une zone difficile d'accès : puits à lame et fontaine.

Débit, Reynolds et échange : relier hydraulique et thermique

Le réglage « débit » ou « Reynolds » dans Moldflow correspond à un phénomène physique identifiable. Pour un canal circulaire, le nombre de Reynolds compare les effets d'inertie aux effets visqueux :

Re = ρ · V · D / μ = V · D / ν

Lorsque Re est faible, les couches de fluide se mélangent peu : l'échange thermique à la paroi est limité. Quand l'écoulement devient turbulent, le brassage augmente et le coefficient d'échange peut croître fortement. Dans le cadre simplifié utilisé ici :

Régime laminaire développé : Nu ≈ 3,66
Régime turbulent : Nu ≈ 0,023 · Re0,8 · Pr1/3
Pr = μ · Cp / k
Le même dessin de canaux ne garantit pas le même Reynolds dans chaque branche : l'architecture hydraulique et le débit disponible comptent autant que la géométrie.
Exemple chiffré : eau et huile

Avec D = 10 mm et V = 1 m/s, en utilisant les propriétés du tableau : Reeau ≈ 10 000 alors que Rehuile ≈ 98. Avec les corrélations précédentes, on obtient dans cet exemple théorique environ heau ≈ 4,2 kW/m²/K contre hhuile ≈ 73 W/m²/K. Ce calcul n'est pas une valeur universelle : les propriétés réelles évoluent avec la température, mais il montre pourquoi le choix du fluide et son régime d'écoulement changent fortement l'échange.

L’augmentation de la vitesse accroît les pertes de charge. Pour une conduite droite, la relation de Darcy–Weisbach s’écrit :

ΔP = f · (L/D) · ρV²/2     avec, en laminaire,   f = 64/Re

Pour éviter de confondre deux grandeurs différentes, on note ici f le coefficient de frottement et k la conductivité thermique. En turbulent, le coefficient de frottement dépend aussi du Reynolds et de la rugosité. Le compromis de conception devient clair : augmenter le débit peut améliorer l'échange, mais exige davantage de pression de pompage.

Conséquence pratique. Choisir un débit assurant un échange thermique efficace, compatible avec les pertes de charge et la capacité du thermorégulateur. Vérifier l’homogénéité de la température du moule.

Automatiser Moldflow avec une macro

Une macro est un petit programme qui demande à Moldflow d'enchaîner automatiquement des opérations que l'on pourrait réaliser manuellement. Elle est surtout utile lorsqu'une opération est répétitive, comporte beaucoup d'entités à créer ou doit être reproduite avec des paramètres différents.

Automatiser une suite d'actions

Une macro peut créer ou modifier des entités du modèle, affecter des propriétés, sélectionner des objets, modifier des paramètres ou déclencher certaines commandes. Elle évite de refaire manuellement la même succession d'opérations.

Construire une géométrie paramétrée

Le script peut calculer des coordonnées à partir de quelques dimensions puis créer automatiquement une série de points, lignes ou autres entités. C'est le principe utilisé ci-dessous pour générer l'hélice.

Rendre une procédure reproductible

Deux utilisateurs qui exécutent le même script avec les mêmes paramètres obtiennent la même construction. Cela limite les erreurs de saisie et facilite les variantes d'une étude.

VBScript et fichier .vbs. Ici la macro est écrite en VBScript, un langage de script texte. Le fichier portant l'extension .vbs contient les instructions à exécuter. Le script communique avec Moldflow par ses objets d'automatisation : il peut ainsi accéder à l'étude active, au modeleur, aux propriétés et au visualiseur.
ActionManuellementAvec une macro
Créer 150 segments formant une héliceCalculer puis créer chaque segment un à un serait très long.Une boucle calcule successivement les coordonnées et crée tous les segments.
Changer le diamètre ou le nombre de toursIl faudrait reconstruire une grande partie de la géométrie.On modifie quelques paramètres puis on régénère le script.
Affecter une même propriété à de nombreuses entitésSélections et affectations répétées.Le script peut affecter la propriété au moment même où chaque entité est créée.
Ce que fait la macro de cette activité. Elle ne calcule pas le refroidissement à la place de Moldflow. Elle prépare le modèle : elle calcule la trajectoire hélicoïdale, crée sa ligne moyenne sous forme de segments et tente de leur affecter une propriété de canal. L'analyse thermique reste ensuite effectuée par le solveur Moldflow.
Une macro agit réellement sur l'étude. Contrairement à l'aperçu du générateur, l'exécution du fichier .vbs modifie l'étude active. Il faut donc vérifier l'étude ouverte, les unités et les paramètres avant de l'exécuter. Une macro n'est pas « intelligente » : elle exécute les instructions prévues, même si la géométrie obtenue n'est pas adaptée à la pièce.

Il existe donc deux niveaux à distinguer : le générateur HTML ci-dessous calcule les paramètres et écrit le fichier VBS ; la macro VBS, elle, est exécutée ensuite dans Moldflow et crée effectivement les entités dans l'étude.

Générer un canal hélicoïdal

Pour une zone cylindrique, conique ou difficile à refroidir par des perçages rectilignes, une hélice permet d'approcher le canal de la surface à refroidir. L'outil ci-dessous construit la ligne moyenne du canal autour de l'axe Z, puis génère un script VBScript que Moldflow peut exécuter. Le tracé est créé à l'origine : il est ensuite translatable et orientable dans l'étude.

u ∈ [0 ; 1]   ;   r(u) = [Ddépart + (Darrivée − Ddépart)·u] / 2
θ(u) = 2π·N·u   ;   x = r·cosθ   ;   y = r·sinθ   ;   z = H·u
pas axial p = H / N

Si les diamètres de départ et d'arrivée sont identiques, on obtient une hélice cylindrique. S'ils diffèrent, le rayon évolue linéairement avec la hauteur : le canal suit une hélice conique. La macro discrétise cette courbe en segments droits suffisamment courts pour former ensuite des éléments poutres de circuit de refroidissement.

1 — Géométrie imposée

Toutes les dimensions sont en millimètres. Le centre de l'hélice est placé en (0 ; 0 ; 0) et son axe est Z.

Diamètre mesuré sur la ligne moyenne du canal.
Mettre D₁ = D₀ pour une hélice cylindrique.
Une valeur décimale est autorisée.
Variation totale suivant Z.
Propriété Channel affectée au tracé.
Segments par tour ; 36 correspond à un segment tous les 10°.
axe Z
Pas axial p—
Longueur ligne moyenne—
Volume du canal—
p / d canal—
Diamètre moyen—
Segments créés—
Afficher le VBScript généré
Contrôle géométrique. Le rapport p/d est un premier test simple : si p ≤ d, deux tours successifs se recouvrent géométriquement. En pratique il faut une matière suffisante entre deux passages, donc viser un pas supérieur au diamètre du canal avec une marge compatible avec le procédé de fabrication et la résistance de l'outillage.

Exécuter la macro dans Moldflow

Accès direct aux macros : utiliser Exécuter une macro pour ouvrir le fichier .vbs généré.
  1. Ouvrir l'étude qui doit recevoir le circuit. La macro travaille dans l'étude active.
  2. Télécharger le fichier .vbs depuis le générateur ci-dessus.
  3. Dans Moldflow, lancer Outils → Automatisation → Exécuter une macro (selon la version, le bouton peut apparaître directement sous « Exécuter une macro »), choisir le fichier puis l'ouvrir.
  4. Repositionner le tracé. L'hélice est créée autour de Z et part de (D₀/2 ; 0 ; 0). Utiliser les outils de déplacement/rotation de la géométrie pour la placer autour de la zone à réguler.
  5. Contrôler la propriété Channel et son diamètre, puis mailler les courbes. Le script affecte une propriété de canal au tracé ; le maillage transforme ensuite la ligne moyenne en éléments 1D de circuit.
  6. Définir l'entrée du fluide et ses conditions (fluide, température et débit ou Reynolds), puis poursuivre l'analyse thermique comme pour les autres circuits.
Alternative par la ligne de commande. Le même fichier .vbs peut être placé dans le dossier commands du projet. Ouvrir ensuite Affichage → Fenêtres → Interface utilisateur → Ligne de commande, saisir le nom du script sans l'extension .vbs, puis lancer la commande.
Pourquoi ne pas mailler automatiquement ? Le point de départ est volontairement arbitraire. Il est préférable de déplacer et orienter l'hélice, vérifier ses distances à la cavité et aux autres circuits, puis seulement générer son maillage. Cela évite de produire immédiatement un réseau d'éléments qu'il faudrait ensuite reprendre.

Mettre en œuvre le modèle thermique dans Moldflow

Les manipulations suivantes ne sont plus une succession de réglages isolés : chacune correspond à une grandeur du modèle physique décrit ci-dessus.

  1. Créer les canaux de refroidissement. Les tracer manuellement ou utiliser l'assistant, puis vérifier leur position par rapport à la cavité, aux zones épaisses et aux contraintes de construction. Choisir consciemment l'architecture série/parallèle et les distances D–H plutôt que de conserver automatiquement le premier tracé proposé.
    Premier modèle de circuits autour de la pièce : la géométrie doit ensuite être justifiée par la thermique.
  2. Définir le fluide et son écoulement. Sur l'entrée des poutres du circuit, renseigner le fluide, sa température et le débit, la vitesse ou le Reynolds selon le paramétrage proposé. Relier la valeur saisie au régime d'écoulement obtenu plutôt que de considérer Reynolds comme un simple indicateur logiciel.
    Conditions d'entrée du fluide : elles déterminent l'état hydraulique du circuit et donc le coefficient d'échange.
  3. Créer la surface du moule. Dans l'onglet Géométrie, créer l'enveloppe qui permettra de calculer la conduction dans l'outillage. Le matériau du moule n'est pas neutre : ρ, Cp et k interviennent dans son inertie et dans la propagation de la chaleur.
    Création de la surface du moule.
  4. Isoler la couche du moule et préparer son maillage 3D. Afficher la couche « Surface du moule », passer à l'onglet Maillage, choisir le maillage de moule 3D et définir une taille d'élément adaptée aux gradients attendus autour de la cavité et des canaux.
    Isoler la couche du moule.
    Accès au maillage 3D du moule.
  5. Générer et contrôler le maillage du moule. Vérifier qu'il représente correctement le volume entourant la pièce et les circuits. Un maillage trop grossier autour d'un canal ou d'une zone chaude peut lisser les gradients thermiques que l'on cherche justement à observer.
    Génération du maillage de moule.
    Exemple de volume de moule maillé.
  6. Lancer une séquence remplissage + compactage + thermique. Le calcul peut alors coupler la chaleur apportée par le polymère, la conduction dans l'outillage et l'évacuation par les circuits. Consulter la température du moule, la température du fluide le long des circuits, les zones chaudes et le temps d'éjection.
  7. Interpréter avant d'optimiser. Rechercher la zone qui impose l'éjection : cœur d'une surépaisseur, bossage, nervure, zone éloignée d'un canal ou déséquilibre entre deux faces. Comparer aussi l'écart de température entre l'entrée et la sortie d'un circuit : il traduit directement l'énergie captée par le fluide.
  8. Modifier une cause physique à la fois. Tester par exemple la position des canaux, leur architecture série/parallèle, le débit/Reynolds, la température d'entrée ou le matériau de l'outillage. Conserver les mêmes échelles de résultats et relever les grandeurs avant/après.
    Le modèle complet permet de relier une modification de conception aux températures calculées.
  9. Retenir un compromis de cycle. Dans la simulation, réduire le temps de refroidissement jusqu'à la limite compatible avec la température et la rigidité nécessaires à l'éjection, tout en surveillant retrait et gauchissement. L'objectif n'est pas seulement le temps minimal : une régulation robuste cherche également à limiter les écarts thermiques dans le moule.
Grandeur à observerCe qu'elle traduit physiquementQuestion à se poser
Reynolds / débitRégime d'écoulement et niveau de convection dans le canalLe fluide circule-t-il assez vite pour obtenir un échange efficace sans pertes de charge excessives ?
Température fluide entrée → sortieÉnergie absorbée par le fluide et répartition entre branchesUne branche reçoit-elle un fluide déjà trop réchauffé ?
Température du mouleRésultat du bilan entre apport de la pièce, conduction et refroidissementExiste-t-il une zone chaude persistante ou un fort déséquilibre entre faces ?
Temps / température d'éjectionCapacité de la pièce à atteindre un état suffisamment rigideQuelle zone impose réellement la durée de refroidissement ?
Retrait / gauchissementConséquences du refroidissement et de son hétérogénéitéLe gain de temps dégrade-t-il la qualité dimensionnelle ?
Organisation du cycle. Le refroidissement commence dès que la matière touche le moule et se poursuit pendant le maintien. Selon la presse, le dosage du cycle suivant peut se dérouler pendant cette phase. Pour construire le temps de cycle, distinguer donc les phénomènes qui se superposent des opérations réellement successives : ouverture, éjection et fermeture.

Prise de notes — Vérifier le refroidissement et le cycle

Renseigner une ligne par variante. Conserver les mêmes conditions de comparaison et relever les grandeurs qui permettent d'expliquer physiquement les différences observées.

Essais thermiques et qualité
Essai / architecture du circuitFluide / T entrée / débitReynolds / régime / ΔP si disponibleT moule max / écart thermiqueTemps d'éjection / zone critiqueDécision / modification suivante

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Validation du cycle. Vérifier le remplissage complet, le maintien jusqu’au gel de l’alimentation et les conditions d’éjection. Comparer les défauts et les dimensions aux critères de la pièce.
Agrandissement de l'illustration